L’art, le cinéma et la faune sauvage sont au cœur de la mission de Dan Yessa, qui vise à inspirer la jeunesse de la RDC à s’engager pour la conservation
- EPI Secretariat

- il y a 2 jours
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Notre ami du mois est Dan Yessa, artiste et documentariste installé à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo. Son travail s'attache à raconter des histoires humaines et environnementales à travers le cinéma, l'art et les médias immersifs, notamment autour de la conservation, de la résilience et des réalités complexes de la vie dans les régions touchées par les conflits.

Parlez-nous un peu de votre enfance, et notamment de la naissance de votre passion pour la nature et la conservation de la faune sauvage.
J'ai grandi à Goma, au sein d'une famille nombreuse où la vie a été difficile très tôt, surtout après le décès de mes deux parents à l'âge de seize ans. Cette période m'a obligée à devenir rapidement indépendante et à explorer différentes voies créatives pour avancer. Vivant si près de paysages naturels extraordinaires comme le parc national des Virunga, j'ai toujours été consciente de la beauté de notre environnement, mais mon lien plus profond avec la nature et la conservation de la faune sauvage s'est développé plus tard grâce à l'art de raconter des histoires. En travaillant dans le domaine artistique puis cinématographique, je me suis de plus en plus intéressée aux histoires des gardes forestiers, des communautés et des animaux menacés d'extinction. C'est alors que j'ai compris que la conservation ne se limitait pas à la protection de la faune sauvage, mais concernait aussi les personnes, leur résilience et leur identité, et que je pouvais utiliser mes compétences créatives pour documenter et amplifier ces histoires.
Comment vous êtes-vous engagée dans la conservation?
En tant qu'artiste puis cinéaste, je me suis d'abord concentrée sur la création visuelle. Mais cela a changé lorsque j'ai commencé à travailler sur des projets qui m'ont rapprochée du terrain, notamment autour du parc national des Virunga. Les rencontres avec les gardes forestiers, les chercheurs et les communautés locales m'ont fait prendre conscience des réalités de la conservation : les risques, le dévouement et le lien profond qui unit l'homme à la nature.
Un tournant décisif s'est produit lorsque j'ai participé à des ateliers et des collaborations, notamment ceux soutenus par des organisations comme le Pulitzer Center. Ces expériences m'ont permis de mieux appréhender le contexte environnemental et climatique plus large des histoires que je racontais. Dès lors, la conservation est devenue centrale dans mon travail. J'ai commencé à réaliser des documentaires et des projets visuels qui montrent l'importance de la biodiversité, les problèmes auxquels sont confrontées les aires protégées et les populations qui y vivent. Aujourd'hui, je me vois comme une passerelle, utilisant le récit pour sensibiliser le public aux enjeux de la conservation et susciter l'engagement, en particulier chez les jeunes Africains.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à devenir cofondateur de Congo Youth and Wildlife?
Congo Youth and Wildlife a été créé pour répondre à un défi crucial : donner aux jeunes Congolais accès à des récits de conservation afin de susciter leur intérêt pour la protection de l’incroyable biodiversité de la RDC. Pour ce faire, nous produisons du contenu spécifiquement destiné aux jeunes, tout en leur fournissant les outils, les compétences et les opportunités nécessaires pour raconter leurs propres histoires sur la conservation au Congo. L’objectif est de favoriser un sentiment d’appropriation, de briser le cycle du braconnage qui se transmet de génération en génération et de faire connaître la biodiversité congolaise au monde entier, en donnant aux jeunes les moyens de devenir à la fois conteurs et gardiens de leur patrimoine naturel.

Si j'avais la chance de visiter la RDC, quels sites me recommanderiez-vous absolument?
La RDC est un véritable joyau, offrant une immense diversité de paysages et d'expériences à découvrir. Mais s'il fallait choisir un seul endroit, un lieu capable de transformer profondément votre vision de la nature et du Congo, je vous inviterais au cœur de la forêt équatoriale, dans un endroit comme le parc national de Salonga. Là, vous découvrirez une nature sauvage de plus en plus rare : de vastes écosystèmes intacts où la nature règne en maître. Il ne s'agit pas seulement de ce que l'on voit, mais aussi de ce que l'on ressent, en pénétrant dans un environnement où la présence humaine a à peine perturbé l'équilibre et en observant la faune sauvage vivre et évoluer sans intervention extérieure.




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