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John Scanlon

Notre ami du mois est John Scanlon, envoyé spécial de nos partenaires, African Parks. John fut le secrétaire général de la CITES de 2010 à 2018.


Je crois que vous avez grandi dans le sud de l’Australie. Avez-vous été entouré par la Nature dès votre plus jeune âge ? Oui, nous avions une belle propriété dans les collines d’Adélaïde, couvertes de végétation. Je me sentais proche de la Nature quand j’étais un jeune garçon et j’étais fasciné par les reptiles, les araignées et les requins. Je me souviens de la sirène stridente à la plage locale nous avertissant de sortir de l’eau car un requin a été aperçu à proximité ! Ma mère était originaire d’une petite ville de Suède. Sa maison était entourée de forêts luxuriantes et de lacs.


Comment avez-vous réussi à passer du statut d’avocat spécialiste de l’environnement en Australie à celui de leader d’organisations internationales impliquées dans la conservation ? J’ai pris six mois de congé sans solde pour voyager en Amérique du Sud. Au cours de ce voyage, j’ai rencontré des membres de la Société péruvienne du droit de l’environnement. Cela m’a inspiré. Je suis passé du droit au rôle de conseiller politique, puis au conseil, et enfin au secteur public. J’ai ensuite fait acte de foi et essayé de me développer à l’international. Mon premier cabinet de conseil international se trouvait au Guyana et tout est parti de là : Commission mondiale des barrages, UICN, PNUE, puis CITES.


Le débat autour du commerce de l’ivoire a précédé votre mandat de Secrétaire général de la CITES et il se poursuit après votre départ. Est-ce que cela vous décourage ? Et pensez-vous que vous auriez pu faire plus pour rapprocher les États de l’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique ? Lorsque j’ai commencé à collaborer avec la CITES en 2010, l’abattage illégal des éléphants d’Afrique pour l’ivoire faisait l’objet d’une forte augmentation qui a culminé en 2011. Avant la CoP16 à Bangkok, toutes les Parties avaient convenu de ne pas donner suite aux propositions sur le commerce ou l’inscription sur la liste des espèces menacées à ce moment-là, mais plutôt de se concentrer sur la lutte contre l’abattage et le commerce illégal. Les propositions ont refait surface à la CoP17 à Johannesburg et nous avons travaillé en étroite collaboration avec l’Afrique du Sud et le Kenya pour gérer le processus. La CoP18 a donner l’impression que les choses se gâtaient pour de nombreuses raisons, toutes non liées au commerce de l’ivoire. Les divergences d’opinion ne sont pas nouvelles, mais la frustration s’accentue et la communauté CITES doit être sensible aux points de vue divergents. Afin de progresser sur le dossier des éléphants, nous devons regarder au-delà de l’ivoire et de la CITES, qui concerne avant tout le commerce international. Nous devons réfléchir à des questions plus larges sur le développement durable (comme je l’ai exposé dans un éditorial dans The Independent).


African Parks a fait ses preuves dans la collaboration avec les gouvernements africains pour gérer des parcs nationaux en difficulté. Il s’agit notamment de parcs qui ne devraient pas attirer un grand nombre de visiteurs dans un avenir proche. Donc, on devine que vous avez les poches assez grandes afin de pouvoir patienter avant que les choses s’améliorent ?! Le tourisme est présent dans 10 des 15 parcs que nous gérons et nous examinons ce qui pourrait être possible dans d’autres, notamment dans le parc national de Garamba, en RDC. Nous avons une vision à long terme et un horizon sur 20 à 50 ans. Au cours de cette période, nous cherchons à garantir le développement durable sur le plan écologique, financier et social du parc, tout en reconnaissant que certains ont de meilleures perspectives de revenus que d’autres. Nous avons des donateurs engagés. Ils savent que tous les sites ne peuvent pas générer des revenus dans l’immédiat. Mais s’ils sont bien gérés, les opportunités de ces parcs se révèleront au cours des décennies. Nous sommes ici sur le long terme afin d’obtenir des avantages durables pour les populations et la faune.


Les perspectives pour les éléphants d’Afrique ne semblent pas claires pour le moment. D’une part, la situation du braconnage semble s’être stabilisée alors que, d’autre part, d’importantes saisies d’ivoire ont encore lieu en Asie de l’Est. Comment voyez-vous la situation ? Quand on regarde où nous en étions en 2010, nous avons réalisé des progrès extraordinaires. Nous avons un consortium international pleinement opérationnel sur la lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages. Les secteurs de la finance, du tourisme et des transports sont engagés, les pays de destination restreignent la demande et les marchés illicites, et les financements ont augmenté pour lutter contre ce fléau. Le braconnage des éléphants a beaucoup diminué en Afrique orientale, mais la situation en Afrique centrale et occidentale reste très préoccupante. Les saisies importantes peuvent être liées à une meilleure application de la loi, de même que les commerçants illégaux déplacent leurs stocks. Nous n’avons pas encore totalement réussi, mais nous avons progressé dans la lutte contre le braconnage des éléphants d’Afrique et le commerce illégal de l’ivoire. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant des autres espèces, comme le pangolin et certains bois précieux. La lutte continue. Personnellement, j’aimerais voir plus d’attention portée à la protection de la vie sauvage à la source afin qu’elle ne retrouve plus jamais dans le commerce illégal.

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